Nanopublication — L'Abstraction Cubiste comme Codex pour les Sujets Surnaturels
Affirmation 2: L'Abstraction Cubiste comme Codex pour les Sujets Surnaturels
J'applique la simplification géométrique dérivée des principes cubistes pour rendre les entités surnaturelles du folklore japonais. Le noppera-bō sans visage devient une étude en volumes essentiels—tête ovoïde, torse simplifié, bras étendus—où l'absence de traits faciaux n'est pas un manque mais la déclaration sculpturale primaire.
Contexte
La collection "Spells and Magic" explore les sujets surnaturels à travers une réduction formelle systématique influencée par les approches cubistes du début du 20e siècle à la forme. Plutôt qu'une représentation naturaliste, j'emploie l'abstraction géométrique comme un **codex**—un ensemble délibéré de contraintes qui gouvernent comment les entités mythologiques se manifestent dans l'espace tridimensionnel.
Pour le noppera-bō, ce codex traduit le sujet surnaturel en volumes qui s'intersectent : la tête comme ovoïde lisse, le torse comme masse simplifiée, les bras comme formes cylindriques étendues. Ce vocabulaire géométrique crée une cohérence visuelle à travers la collection tout en permettant à chaque entité folklorique de maintenir ses caractéristiques distinctives. La caractéristique essentielle du noppera-bō—l'absence de visage—devient non pas une absence à combler mais le sujet sculptural lui-même : une surface parfaitement lisse et sans traits où la perception humaine attend et exige des informations faciales.
Cette approche fait référence à la phase analytique du cubisme, où les objets étaient décomposés en éléments géométriques essentiels et réassemblés pour révéler la structure sous-jacente plutôt que l'apparence superficielle. Cependant, plutôt que d'analyser la réalité visible, j'applique cette méthodologie aux **entités invisibles**—yōkai, esprits, êtres surnaturels qui existent dans l'imagination narrative et culturelle plutôt que dans l'observation physique.
La tête sans visage fonctionne sculpturalement à la fois comme vide et présence : elle est volumétriquement complète (une forme pleine) pourtant perceptuellement absente (aucun trait à reconnaître). Ce paradoxe reflète la fonction folklorique du noppera-bō comme entité qui présente une forme humaine tout en retenant l'identité humaine. La surface lisse devient activement troublante précisément parce qu'elle refuse de fournir l'information visuelle que nos systèmes neuronaux de reconnaissance faciale ont évolué pour traiter.
Les bras étendus suggèrent un geste—peut-être révélation, peut-être invitation—sans compléter l'action narrative. Cette ambiguïté formelle permet à la sculpture d'exister entre les états : entre humain et non-humain, entre présence et absence, entre forme et absence de forme.
Références
[1] Arnaud Quercy (2021). L'Éleveur de Mujina de la Route d'Akasaka — Catalog raisonné. https://arnaudquercy.art/en/catalogue-raisonne/AQC0336.html
[2] Hearn, Lafcadio. "Mujina." Dans *Kwaidan: Stories and Studies of Strange Things*. Boston: Houghton Mifflin, 1904.
[3] Documentation d'œuvre : AQC0336, "Noppera-bo - The Mujina of the Akasaka Road," 2021. PLA bois sur métal, 20,5×12,0×12,0cm. Collection : Spells and Magic. Collection privée, Schmitten, Allemagne.
[4] Foster, Michael Dylan. *The Book of Yōkai: Mysterious Creatures of Japanese Folklore*. Oakland: University of California Press, 2015.
Profil épistémique
| Type de revendication | artistic statement |
|---|---|
| Voix | first person |
| Statut épistémique | interpretive intention |
| Méthodologie | systematic formal approach |
| Certitude | high |
Somme de contrôle (SHA-256)
070daf1dd5c17c9c62f9733a0477d20efab66326674e35b1ed77f869fceae0b9